vendredi 30 avril 2010

Trois semaines...

Trois semaines que son corps s'était réveillé.
La danse de Saint-Guy avait repris dans son ventre.
Ce n'était pas une danse joyeuse, au contraire,
c'était un méli-mélo d'humeurs noires et angoissées.
Jamais elle n'avait voulu en arriver là une fois de plus.
Ah! La jeune fille ne pouvait plus le supporter!
Ce parasite néfaste qu'elle avait occulté jusque là.
Une trêve courte dans un hiver sans fin.
Il avait refait une crise.
Une crise qui l'avait emmené tout droit à l'hôpital Pasteur.
Pasteur comme psychiatrie.
Le mot qui commençait par un "S" lui était revenu à l'esprit.
Il ne pouvait plus profiter de la vie en angoissé constant
qu'il était.
Il ne voyait qu'une seule issue à son quotidien vide de sens;
elle se trouvait six pieds sous terre.

Le bruit lourd de la tête de son oncle heurtant le sol et
répandant un bain de sang sur le carrelage blanc de la salle
de bain mitoyenne avec le mur de sa chambre était revenu à
l'esprit de la jeune fille.
Et toutes les nuits, à cinq heures, elle se réveillait en sueur,
son corps témoignant d'une angoisse profondément ancrée
dans son ventre.
"Il est pesant de vivre dans cette maison."

vendredi 18 décembre 2009

Deux semaines...

Cela faisait maintenant deux semaines.
Deux semaines que la jeune fille renouait avec la vie.
Enfin. Il était grandement temps.
Elle sentait la folie de ses idées noires s'estomper peu à peu.
Les nuages ténébreux qui planaient au dessus de sa tête
semblaient se retirer pour laisser sa place à l'astre solaire.
Depuis plusieurs jours, un sourire radieux se dessinait sur
son visage auparavant fermé.
Elle pouvait respirer à nouveau.

mardi 24 novembre 2009

La peur de vivre.

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crédit photo: no line on the horizon by U2

Certains ont la fureur de vivre et plantent leurs dents dans la vie
pour s'y accrocher, la croquer et la savourer.
D'autres, comme la jeune fille, avaient peur de sauter dans le vide.
L'avenir est incertain.
L'avenir est un horizon flou où se confondent ciel et mer.
L'avenir est si loin.
Mais regarde comme cette pomme à l'air savoureuse.
Cette pomme c'est la vie. Et la vie n'attend pas pour être consommée.
Oui, je veux bien, mais si elle n'avait pas le goût que j'attendais.
Et si j'étais déçue. Et si comme dans Blanche-Neige, cette pomme
était empoisonnée?
La vie est une maladie mortelle sexuellement transmissible ma chérie.
Mais c'est un risque qui vaut la peine d'être pris.
La jeune fille retint son souffle, ferma les yeux et planta ses dents
dans la pomme...

mardi 17 novembre 2009

Il n'était rien d'autre...

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Il n'était rien d'autre qu'un parasite.
Le microbe qui s'infiltrait par tous les pores de sa peau et qui la rendait malade.
Elle entendait le pas trainant de son oncle sur les carreaux de la terrasse,
depuis le moment où il faisait tourner les clés dans la serrure de ses volets.
C'était le cliquetis angoissant annonçant qu'il allait venir
frapper à la lourde porte en chêne d'un instant à un autre.
Elle retenait son souffle.
Pour ne pas faire de bruit.
Pour ne montrer aucun signe de vie.
Pour se faire aussi petite qu'une souris.
Et c'est à ce moment là qu'il abattait son poing,
résonnant en un bruit sourd sur la grosse porte en chêne.
Elle ne lui donnait pas de réponse, implorant le ciel qu'il s'en aille.
A nouveau il abattait son poing,
résonnant en un bruit sourd sur la grosse porte en chêne qui
la protégeait malgré tout.
Il appelait son nom.
Ne surtout pas donner de réponse.
Il finirait par partir; la maison semblait vide et fantomatique.
Quelques minutes plus tard, c'est l'écran de son portable, qu'elle avait prit
soin de taire, qui s'illuminait.
La jeune fille le laissa sonner silencieusement.
Il reviendrait, encore et toujours, la rendant plus malade chaque jour.

dimanche 15 novembre 2009

Elle déteste...

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crédit photo: leon neal- festival de glastonbury

Elle déteste quand il fait gris.
La grisaille rend la jeune fille morose, dépressive.
Pourtant elle ne peut s'empêcher de sourire à ce gris.
C'est un gris pas comme les autres voyez-vous.
C'est un gris léché de bleu, de jaune, de rayons du soleil,
caché au-dessus, qui transperce espièglement les trainées
cotonneuses et planantes de ce ciel bas et lourd.
C'est un gris qui fait ressortir les couleurs vives, à la tombée
de la nuit, et qui rend l'atmosphère grisante.
La jeune fille contemple ce gris, et affiche un sourire sur
ses lèvres mordues de tristesse.

mardi 10 novembre 2009

Il faut gagner plusieurs batailles pour prétendre à la victoire.

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La jeune fille le décida. Il fallait que tout cela cesse.
Ce mal-être permanent dans lequel elle était plongé depuis
bien trop longtemps.
976 jours.
976 jours de soumission aux volontés malsaines de son corps.
976 jours de souffrance.
976 jours d'espoir de guérison.
L'espoir en effet, fait vivre.
Ce n'était pas la première fois qu'elle essayait.
Mais recommencer, encore et toujours, la maintenait alerte,
la maintenait en vie.